A propos

NORA NOOR
Héritière de l’épopée ouvrière immigrée, Nora Noor est la fille d’un ancien mineur marocain arrivé à Valenciennes au cœur des Trente Glorieuses et d’une mère au foyer. Son enfance, partagée entre l’Île‑de‑France et la Normandie, lui apprend très tôt à lire les distances sociales, ces mondes qui se côtoient sans jamais vraiment se rencontrer.
De ces contrastes naît une question qui la guide depuis toujours : pourquoi certains restent‑ils durablement éloignés des loisirs, de la douceur et des arts. Une interrogation simple en apparence, qu’elle approfondit en évoluant dans des milieux où elle rencontre rarement des femmes qui lui ressemblent. Cette position d’observatrice devient le socle de toute sa démarche artistique.
Réalisatrice, photographe portraitiste et créatrice sonore, elle développe depuis plus de vingt ans un travail centré sur les classes, les corps et les récits que l’image dominante efface. Elle réalise et autoproduit ses premiers films à la fin des années 1990. À une passante, court métrage en 16 mm coréalisé avec C. Bourgeois, est présenté en off au Festival de Cannes en 2000 . En 2002, elle signe Pas de justice, pas de paix, documentaire dans lequel elle suit pendant un an les militants du MIB.
Depuis le début des années 2000, elle poursuit cette recherche à travers la photographie de portrait, en France et en Belgique. Pour elle, il n’y a pas plus précieux qu’un visage humain. Sa série QueerNass, consacrée aux personnes queer racisées en Europe, est exposée dans les deux pays depuis 2022.
Conférencière régulière au Congrès féministe de Nanterre, à l’Université catholique de Louvain, à l’Université “Bohemian” de Pilsen ou encore au Festival Hébé, elle reçoit en 2017 le soutien de la Fondation euro‑méditerranéenne des femmes. En 2016, elle cofonde Dialna avec Nadia Bouchenni, média et podcast qui donnent la parole aux femmes nord‑africaines en France.
La Nuit Bleue et Rose s’inscrit dans cette continuité. Porté par des décennies d’observation, ce court métrage place au centre du cadre celles et ceux que la société maintient à la marge. Nora Noor y explore l’entrechoquement des classes sociales avec une conviction profonde : rendre la joie à ceux qui en sont privés, afin qu’elle cesse d’être un privilège et devienne un bien commun.
"A vous qui lirez cette lettre, sachez qu’elle sera laudative. Il ne peut en être autrement quand on parle de Nora Noor. Elle de ces personnes précieuses qui, loin d’être avares de leur savoir, le partagent à bon escient, mesurant le degré d’appréciation du public qui écoute, modulant le propos pour le rendre intelligible à chaque audience."
Margaux Labarthe Team Sama créatrice du festival Hébé à Mont de Marsan
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